Kata

Les kata (prononcer “quata“) sont un enchaînement codifié de kihon. En japonais, le mot à un triple sens selon le kanji (caractère) qui est utilisé : “façon” ou “manière” pour un premier sens, “forme” ou “ressemblance” dans un second sens enfin “moule“, “règle” ou “habitude” dans un troisième sens. La combinaison de ces trois significations du mot kata décrit bien ce qu’ils sont : une manière d’exécuter des kihon selon une forme codifiée par une habitude et régit par une règle.

Yoko Geri par une jeune compétitrice
Championnat France Ligues Katas Combats 2020 © Aurelien Morissard / FFK

Les kata sont comme la partition du musicien. Un enchaînement de mouvements qui prennent sens lors de leur exécution. Je dis souvent aux élèves que les kata sont une poésie qu’il s’agit d’interpréter avec kime, avec son énergie et son cœur (“kokoro” en japonais). Chaque kata possède son propre rythme et ses variations que chacun peut, dans une certaine mesure, interpréter.

Dans la tradition,

les kata avaient un double objectif : la transmission et l’art du combat.
En effet, le kata était un moyen simple et sûr de transmettre des techniques à ses élèves. Souvenons-nous que le karate-do s’est développé secrètement. Enchaîner des techniques et répéter ces enchaînements permettaient de les mémoriser et de les transmettre aisément. Senseï Funakoshi, fondateur du karate-do moderne, a ainsi codifié les kata. Ce faisant il les a figés et ainsi facilité leur enseignement et leur transmission au fil du temps dans le style Shotokan.
Le kata se présente aussi comme une chorégraphie. Il simule un combat contre un ou plusieurs adversaires. Chaque technique porte en elle-même un sens et une efficacité qui lui sont propres. La recherche de ce sens, bunkai, est l’objet d’un autre karate-mot.

Alexandra Ferracci, équipe de France Kata, exécute un kata à l'Open de Paris 2020
Alexandra Ferracci à l’Open de Paris de Karaté 2020 © Denis Boulanger / FFK

Maîtriser un kata demande de nombreuses répétitions par séquences et globalement. Mais automatiser la répétition ne suffit pas. Le pratiquant doit saisir le sens du kata cela donne du kime à son exécution. Tout comme les kihon, les kata font partie du répertoire de chaque pratiquant de karate-do. L’exécution d’un ou plusieurs kata est demandé à chaque passage de ceinture que ce soit en club ou pour les grades de ceinture noire au plan fédéral.

Double pratique

La pratique du kata est d’abord individuelle. Il s’agit d’un travail personnel centré sur ses sensations et l’exécution la plus parfaite possible des enchaînements. Pour accentuer ce travail, j’aime bien travailler et faire travailler les élèves les yeux fermés. De cette façon, l’exécution du kata est véritablement centrée sur les sensations éprouvées. Se priver de la vue impose de développer d’autres sens qui font aussi partie de l’avancée sur la Voie des arts martiaux.

Kata en équipe en formation triangulaire compétitive

Le kata peut aussi se pratiquer en groupe. Ce peut être l’ensemble des élèves sur un même rythme. L’effet de groupe est très stimulant et satisfaisant pour tous. Une véritable communion se dégage de la pratique simultanée. La forme compétitive du kata de groupe se pratique à 3 en position de triangle. C’est une autre forme de pratique qui impose de sentir le rythme de ses partenaires et de parfaitement synchroniser l’exécution des mouvements.

Le rythme traditionnel du kata est souvent modifié dans la pratique compétitive. La Voie est différente mais tout aussi intéressante tant que l’esprit du karate-do est conservé.

Pratique tes kata avec conviction et kime. C’est là le principal !

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Pour aller plus loin, je recommande la lecture de cet article de Jean-Charles Juster : “Les kata, c’est important ?” Une visite guidée de la pratique martiale permet de se faire une idée de la réponse à cette question volontairement provocatrice 🙂